Kazakhgate : la justice française relance l’enquête, sur la trace des «enveloppes»

Kazakhgate : la justice française relance l’enquête, sur la trace des «enveloppes»

15:14 06.09.2019

Le nom de Patokh Chodiev a fait la «une» en Belgique parce qu’il avait bénéficié d’une transaction pénale en 2011. Il est désormais inculpé en France depuis mai dernier pour blanchiment de fraude fiscale.

La justice lui reproche d’avoir distribué de l’argent » noir » à des personnes l’ayant aidé à se sortir d’ennuis judiciaires en Belgique. Sont visées principalement des personnalités françaises.

Dans cette affaire, se mêlent intérêts privés et intérêts d’Etats, sur fond de gros marchés publics ayant entraîné le versement de commissions et où interviennent des intermédiaires et des cabinets d’avocats.

Elément de contexte un marché d’achats d’hélicoptères français par le Kazakhstan. Une «équipe» française avait alors été chargée de créer les conditions pour permettre la conclusion du marché.

Une transaction pénale conclue en Belgique avait ainsi permis à Patokh Chodiev de mettre un terme à des ennuis judiciaires vieux de dix ans (affaire Tractebel).

C’est dans ce contexte que les intervenants de «l’équipe» auraient exigé des rétrocommissions en liquide dont la justice française semble déterminée à identifier les bénéficiaires.

La justice française mise beaucoup sur la piste du «cash».

Des liasses de billets de 500 euros dans de grandes enveloppes brunes

Patokh Chodiev s’est ainsi vu inculper le 29 mai, à Paris, car soupçonné d’avoir fait remettre 800.000 euros fin 2010 à Paris, puis 5 millions d’euros en 2011 dans un hôtel de Zurich à son avocate Catherine Degoul et à «un porteur de valises».

Il est question d’enveloppes brunes de type «kraft» et de liasses de billets de 500 euros.

L’argent au départ de la Suisse contrairement aux premières déclarations du «porteur de valises» n’aurait pas pris la direction de Nice (cabinet de Catherine Degoul) mais bien celui de Paris avec peut-être un crochet par Bruxelles… Téléphone portable et GPS ont été saisis par la justice, ce qui devrait faciliter les investigations sur les itinéraires empruntés.

Entendu par la justice, Patokh Chodiev a contesté toute remise d’argent liquide : » une absurdité dans un contexte où des retraits importants d’argent liquide sont renseignés par les banquiers«. Une affirmation contestée par les deux autres protagonistes qui affirment avoir assisté à la rencontre et à la remise d’argent dans une chambre d’hôtel à Zurich.

Désormais, l’enquête française cherche à établir la matérialité de ces remises d’argent et à identifier les bénéficiaires économiques des éventuelles commissions.