Nouvelles perquisitions dans le Kazakhgate

Nouvelles perquisitions dans le Kazakhgate

17:30 24.04.2014

Les policiers visaient un proche de Sarkozy.

Nouveau rebondissement dans le «Kazakhgate». Selon nos informations, des policiers ont mené mercredi deux perquisitions visant Aymeri de Montesquiou-Fezensac d’Artagnan, 72 ans, sénateur-maire UDI de Marsan (Gers) et ancien représentant spécial du président Nicolas Sarkozy pour l’Asie centrale.

Les enquêteurs ont perquisitionné son domicile, le château de Marsan, ainsi que son bureau à la mairie, dans le cadre de l’enquête pour «corruption d’agents publics étrangers» et «blanchiment en bande organisée» menée par les juges d’instruction parisiens Roger Le Loire et René Grouman sur les pots-de-vin présumés versés par un oligarque belgo-kazakh, Patokh Chodiev.

L’Elysée aurait obtenu, en 2011, une modification de la loi belge afin que Chodiev échappe à des poursuites pour corruption dans ce pays. Un activisme destiné à finaliser 2 milliards d’euros de contrats avec le Kazakhstan. Selon le Monde, l’oligarque a versé plusieurs millions d’euros à son avocate niçoise Catherine Degoul, mise en examen en septembre. Les juges cherchent à vérifier si cet argent a servi à corrompre des politiques belges et à récompenser l’entourage de Sarkozy. Jean-François Etienne des Rosaies, l’un des conseillers de Sarkozy qui gérait le cas Chodiev, aurait ainsi touché 300 000 euros.

De sources proches du dossier, les enquêteurs ont découvert qu’Aymeri de Montesquiou aurait lui aussi bénéficié d’un versement suspect. Or, il a participé, selon le Canard enchaîné, à la cellule élyséenne destinée à tirer Chodiev d’affaire.

Aymeri de Montesquiou dément formellement avoir participé à l’opération belge et avoir touché de l’argent. «J’étais en charge des relations avec l’Asie centrale, ce qui incluait certains contrats, indique-t-il à LibérationMais mon rôle était strictement politique : je n’ai participé à aucune négociation financière.»