Commission d’enquête Kazakhgate – Le parquet de Nivelles ne convainc pas, la Sûreté attendue de pied ferme

18:08 05.01.2017

Le parquet de Nivelles n’a pas convaincu la commission d’enquête parlementaire Kazakhgate qui s’interroge à ce stade sur ce qui a conduit Patokh Chodiev et Alijan Ibragimov à obtenir la nationalité belge en dépit de leur implication dans des dossiers de criminalité organisée voire de liens avec la mafia russe. Une hypothèse du procureur du roi Jean-Claude Elslander évoquant une erreur d’orthographe dans la demande en amont de la Chambre (Ibraguimov au lieu d’Ibragimov) qui a pu semer la confusion dans les banques de données a particulièrement irrité les commissaires. Ceux-ci s’interrogent particulièrement sur l’avalanche d’avis positifs en faveur de la naturalisation de Patokh Chodiev en 1997 malgré une instruction en cours dans un dossier de grande criminalité à Bruxelles. Ils s’étonnent également de revirements successifs dans le traitement de la demande d’acquisition de la nationalité par la voie communale par la famille Ibragimov, dans le chef de la Sûreté de l’Etat et de la police de Waterloo et du peu d’empressement du Parquet à réagir, après un refus pourtant catégorique de naturalisation pour problème d’intégration et lien avec la mafia russe (une instruction était également en cours).

Pour la naturalisation de Chodiev, Jean-Claude Elslander a avancé la pauvreté des moyens de la justice rendant difficile à l’époque l’échange des données et donc l’obtention de l’information selon laquelle une instruction était en cours dans un autre ressort. Concernant l’acquisition de la nationalité par Ibragimov via la voie communale, il a suggéré l’hypothèse de la faute d’orthographe.

Les commissaires ont peu goûté à ces explications. Il s’en est suivi un échange assez vif sur fond de guerre des pouvoirs quand le député Vincent Van Quickenborne (Open Vld) s’est étonné de l’absence de réaction du Parquet, confiant en la version positive d’un « garde-champêtre » de la police de Waterloo alors que le ministre de la Justice de l’époque avait invité à enquêter plus avant. « Je sens comme une petite pointe d’attaque et j’ai envie de réagir », s’est alors emporté le procureur. « Il est assez horripilant d’entendre cela alors que nous dénonçons continuellement l’absence de moyens de la Justice », a-t-il répliqué.

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