Kazakhgate, clap dernière !

Kazakhgate, clap dernière !

08:58 01.05.2018
Le Belge Charles Michel peut aller serein aux élections, débarrassé d’un vieux dossier qui n’a pu livrer de preuves accablantes. L’histoire retiendra que c’est « allégé » que le libéral a plaidé pour sa reconduction au pouvoir.

De notre correspondant Max Helleff à Bruxelles

Le Mouvement réformateur (MR) du Premier ministre Charles Michel et son principal adversaire, le Parti socialiste d’Elio Di Rupo, ont tour à tour lancé à l’occasion du 1er mai la campagne qui doit mener aux prochaines élections. L’histoire retiendra que c’est en quelque sorte « allégé » que le libéral francophone a plaidé pour sa reconduction au pouvoir.

Allégé car débarrassé du scandale du Kazakhgate dans lequel plusieurs hommes en vue du Mouvement réformateur ont trempé. La Chambre a en effet approuvé en séance plénière, majorité contre opposition, les conclusions de la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur ce dossier dont l’historique remonte aux années 90.

Ces conclusions aboutissent à dénoncer l’« immixtion » française dans la procédure judiciaire lancée en Belgique contre l’homme d’affaires Patokh Chodiev. Devant les parlementaires belges, l’ex-bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, avait en effet confirmé avoir cherché à trouver une solution juridique favorable au Kazakh. Mais il avait nié avoir influé sur l’adoption de la loi de «  transaction pénale  » qui avait permis autrefois à Chodiev et à ses partenaires d’échapper à des poursuites pour blanchiment d’argent en échange d’une somme de 23 millions d’euros.

 

Excuses

Vendredi, l’avocat de Patokh Chodiev a exigé des excuses de la Belgique pour s’être entendu qualifié de « criminel » et de « mafieux » alors que rien finalement ne l’accable. En échange de quoi, il laissera tomber la procédure entamée contre l’Etat belge.

Les parlementaires ont par ailleurs estimé que l’ex-président du Sénat, le libéral francophone Armand De Decker qui avait agi en faveur de Patokh Chodiev, est coupable d’avoir enfreint la déontologie et de s’être laissé aller à des conflits d’intérêts.

Du reste, l’opposition au gouvernement Michel n’a pas eu grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. 

Un homme a trouvé dans ce dénouement l’occasion de régler ses comptes. La commission d’enquête parlementaire n’a en effet rien eu à reprocher au  ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. L’opposition n’avait pourtant pas épargné ses efforts pour tenter de faire tomber le libéral francophone, longtemps très proche de l’ex-président du Sénat Armand De Decker.

L’opposition n’a pas épargné ses efforts pour tenter de faire tomber Dider Reynders (1er-à-g), longtemps très proche de l’ex-président du Sénat Armand De Decker (milieu).

Didier Reynders ne s’est donc pas gêner pour dénoncer des « insinuations crapuleuses » proférées à son égard au cours des derniers mois. « Je ne vise pas une formation politique mais un certain nombre d’acteurs. Vouloir systématiquement nuire à des personnes, c’est inacceptable (…) Ce n’est pas facile à vivre de voir les même insinuations répétées, sans le moindre élément de preuve », a-t-il affirmé. Le ministre des Affaires étrangères a encore estimé que « certains ont voulu avoir une audience médiatique à (ses) dépens ».

La mise en cause de Didier Reynders, qui fut un admirateur déclaré de Nicolas Sarkozy au début de son quinquennat et aurait pu hypothétiquement lui avoir servi de relais dans le dossier kazakh, aurait plombé le Mouvement réformateur de Charles Michel à six mois des élections communales et à un an des législatives.

 

Les adversaires de Didier Reynders n’ont pas renoncé pour autant. L’Ecolo Georges Gilkinet reste ainsi convaincu que le ministre des Affaires étrangères «  a tout de même joué un rôle politique très actif dans l’adoption rapide de la loi  » de transaction pénale favorable aux Kazakhs.