Kazakhgate – Une lettre de l’avocate de Chodiev en copie à Didier Reynders après la transaction pénale

14:05 19.04.2017

L’hebdomadaire Le Vif publie jeudi de nouveaux éléments de l’enquête française sur le Kazakhgate dont une lettre d’avril 2012 de l’avocate du milliardaire kazakh Patokh Chodiev, maître Catherine Degoul, adressée à l’Elysée, et se plaignant de problèmes d’honoraires. L’avocate dit y accepter une réunion de compromis qui ne saurait « se tenir hors la présence d’une haute personnalité du Royaume de Belgique ». Cette lettre est envoyée en copie au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, ainsi qu’à l’ancien président du Sénat Armand De Decker et l’ex-secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant. Deuxième élément obtenu par Le Vif, et relayé, comme le précédent, mercredi soir par la RTBF, l’agenda de l’avocate Degoul contient une information relative à « ADD+DR » à « Bruxelles » à la date du 2 février 2012. Les initiales ADD et DR ressemblent furieusement à celles d’Armand De Decker et Didier Reynders.
Autre enquête journalistique qui sort cette semaine, celle de Paris Match, relayée mercredi soir par le site internet du Soir, évoque, sur base d’un témoignage, un repas partagé par maître Catherine Degoul et Didier Reynders. Le témoin est un proche d’un homme d’affaires sulfureux, Guy Vanden Berghe, entre-temps décédé, qui s’est confié aux enquêteurs français. De l’argent a transité par son compte bancaire dans le cadre du Kazakhgate, ses intérêts étant assurés par maître Degoul.
Sollicité, Didier Reynders n’a pas réagi à ces nouveaux éléments. A la RTBF, il a indiqué une nouvelle fois vouloir réserver ses réponses à la commission d’enquête parlementaire.
Interrogé par écrit par la commission d’enquête sur d’éventuels contacts qu’il aurait eu à propos de M. Chodiev avec des personnalités telles que Armand De Decker, Catherine Degoul, le conseiller de l’Elysée Jean-François Etienne des Rosaies (qui a mentionné Didier Reynders dans un courriel), ou Claude Guéant, Didier Reynders a répondu le 4 avril dernier n’avoir « par ailleurs eu aucun contact avec les personnes évoquées (…) à propos du dossier ‘Patokh Chodiev’ ». Cette réponse date d’avant la publication des éléments, ce mercredi. S’ils se concentrent sur la personnalité de M. Reynders, ces éléments ne constituent toutefois pas à eux seuls la preuve d’une implication du ministre MR dans le kazakhgate.

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